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LA PROBLÉMATIQUE DES SACS JETABLES

Apparu dans les années 1970, le sac de plastique fait maintenant partie de notre quotidien. Chaque année, les Québécois en utilisent des milliards pour faire leurs emplettes.

Selon Recyc-Québec, entre 1,4 et 2,7 milliards de sacs circuleraient annuellement sur le territoire du Québec soit l’équivalent d’environ 350 sacs pour chaque Québécois. (1)(2)

Le même scénario se répète ailleurs dans le monde :

• Les Français utilisent 18 milliards de sacs de plastique par année. (2)

• Les États-Unis consomment annuellement près de 380 milliards de sacs de plastique et d’emballages de toutes sortes.

• Taiwan consommait 16 millions de sacs de plastique par jour avant d’interdire son utilisation en 2001. (3)

• En 2002, les australiens ont utilisé 6,9 milliards de sacs soit l’équivalent de 36 850 tonnes de plastique. (3)

Le sac de plastique est en quelque sorte devenu le symbole de nos habitudes de consommation : nous l‘utilisons une ou deux fois pour ensuite le jeter et l‘oublier. Bien sûr, il est utile, mais est-il indispensable?

Les enjeux liés à l’utilisation des sacs de plastique sont nombreux. En voici les principaux :

CONSOMMATION DE RESSOURCES NATURELLES NON RENOUVELLABLES

Le type de plastique utilisé pour les sacs est le polyéthylène. La matière première entrant dans la fabrication du polyéthylène est le pétrole, une ressource naturelle non renouvelable.

Saviez-vous que

• 12 millions de barils de pétrole sont nécessaires pour fabriquer 100 milliards de sacs de plastique. (2)

• 8.7 sacs de plastique contiennent assez d’énergie fossile pour faire rouler une voiture pendant 1 km. (3)

ÉMISSION DE GAZ À EFFET DE SERRE (GES)

L’utilisation d’énergie, de pétrole et de gaz naturel pour la fabrication des sacs de plastique contribue à l’émission de gaz à effet de serre. Les GES sont responsables de l’amplification du phénomène des changements climatiques.

PRODUCTION DE MATIÈRES RÉSIDUELLES

Les sacs de plastique contribuent à augmenter la quantité de matières résiduelles que l’on génère.

Saviez-vous que

• Un sac de plastique possède une durée de vie moyenne de 20 minutes.(2)

• Au Québec, environ un milliard de sacs sont envoyés à l’enfouissement chaque année.(1)

• Une fois enfoui, un sac de plastique prend environ 400 ans à se décomposer.(2)

RECYCLAGE

Les sacs de plastique en polyéthylène sont recyclables. Cependant, au Québec, ce ne sont pas tous les centres de tri qui acceptent de les récupérer. Ceci a comme conséquence que les sacs de plastique se retrouvent bien souvent à la poubelle et dans les sites d’enfouissement plutôt qu’au recyclage.

Saviez-vous que

• Au Québec, 7 régions administratives sur 17 acceptent les sacs de plastique dans leur collecte sélective.(1)

• Seulement 10% des sacs faits avec du pétrole sont réellement revalorisés. (2)

POLLUTION

Les sacs de plastique peuvent constituer une source de pollution. Par négligence ou parce qu’ils sont facilement emportés par le vent, une grande partie des sacs utilisés se retrouvent dans la nature. Ils dénaturent le paysage, bloquent les égouts, restent accrochés dans les arbres et rejoignent les cours d’eau. Et parce qu’ils prennent des centaines d’années à se dégrader, le nombre de sacs qui se retrouve dans l’environnement augmente sans cesse.

Saviez-vous que

• Il coûte environ 4 millions de dollars australiens par année afin de ramasser les sacs de plastique dispersés dans l’environnement en Australie. (3)

• Les sacs de plastique ont été la cause d’inondations majeures au Bengladesh parce qu’ils avaient bloqué les systèmes de drainage de la capitale.

• Le sac de plastique fait partie des 10 déchets les plus fréquents sur les plages (4)

IMPACTS SUR LA FAUNE

Les sacs dispersés dans la nature ont des effets néfastes sur la faune, plus particulièrement sur la faune ailée et marine. Dans les océans, les tortues, les dauphins et les baleines les confondent avec des méduses. En les avalant, ils s’étouffent et meurent parce que les sacs obstruent leur système digestif. Les oiseaux, les tortues et les poissons s’emmêlent dans les sacs, en restent prisonniers et finissent souvent par s’étrangler. (5)

Saviez-vous que

• 24 000 tonnes métriques de plastique se retrouvent chaque année dans les océans. (4)

• 1 000 000 d’oiseaux marins, 100 000 mammifères marins et une quantité innombrable de poissons sont tués chaque année par les sacs de plastique qui flottent dans les océans. (6)

LE SAC DE PAPIER ET LE SAC BIODÉGRADABLE ALORS...?

Nous sommes portés à croire que le sac de plastique peut simplement être remplacé par un sac de papier ou un sac biodégradable et que ces derniers constituent de meilleurs choix. Contrairement à la croyance populaire, ceci n’est pas toujours vrai...

Le sac de papier

Le sac de papier possède l’avantage d’être recyclable partout au Québec et de se dégrader en quelques années lorsqu’il se retrouve dans l’environnement. Cependant, selon une étude de Recyc-Québec, il se classe dernier sur plusieurs critères étudiés; il produit davantage de gaz à effet de serre, sa fabrication nécessite beaucoup d’eau, il est affecté par l’humidité, il coûte plus cher à fabriquer et il prend environ 10 fois plus d’espace d’entreposage chez les détaillants.(1)(7) De plus, le papier est fait de fibre provenant des arbres, la coupe forestière est donc un autre enjeu lié à la fabrication des sacs en papier.

Le sac biodégradable

Il faut aussi rester prudent lorsqu’il est question de sac biodégradable. Les sacs réellement biodégradables sont ceux faits à base d’amidon de maïs, une ressource renouvelable. Ces sacs sont compostables et ils se décomposent en 45 jours. On leur reproche cependant les impacts de la pollution agricole liée à la culture du maïs. Un deuxième type de sac qualifié de biodégradable est plutôt « oxydégradable » c’est-à-dire qu’il est fait de polyéthylène auquel on a ajouté des agents qui accélèrent sa dégradation. Même s’ils se dégradent rapidement, ces sacs sont fabriqués à partir de composés plastiques et ils ne peuvent pas être mis au compost. Il existe également des doutes au niveau de leur potentiel de recyclage. Certains croient que ce type de plastique pourrait affecter la qualité des plastiques recyclés vu qu’il se dégrade plus rapidement tandis que d’autres affirment qu’il se recycle sans problème.

Ce sujet reste donc controversé et mérite plus d’attention. Recyc-Québec contribue présentement au développement d’un programme de certification pour les sacs compostables. La certification vise à faciliter leur identification et assurer la qualité des composts produits. Les sacs biodégradables sont aussi plus chers à fabriquer que les sacs de plastique conventionnels et le réseau de distribution est encore peu développé.

LES CONCLUSIONS

La solution idéale constitue sans aucun doute la réduction à la source…. Cependant, selon Recyc-Québec, lorsqu’il est nécessaire d’utiliser un sac, le meilleur choix au niveau environnemental constitue le sac réutilisable. Une analyse du cycle de vie des différents types de sacs, réalisée pour Carrefour, une chaîne de supermarché française, conclut également que le sac réutilisable est le meilleur choix à condition qu’il soit utilisé au moins 5 fois. (7)

POURQUOI CHOISIR DES SACS FABRIQUÉS AU QUÉBEC?

Les sacs réutilisables vendus dans les supermarchés proviennent souvent de l'Asie. Il est important de savoir que certains pays d'Asie sont parmi les plus grands pollueurs de la planète. D'autres, ont la réputation de faire travailler les enfants. L 'Inde, par exemple, est un pays où travaillent 11,2 millions d'enfants âgés de moins de 14 ans, selon les estimations officielles du gouvernement indien. De plus, le transport des marchandises jusqu'ici cause un impact sérieux sur l’environnement.

En somme, être cohérent dans ses choix environnementaux implique de choisir des produits fabriqués au Québec.

* Merci à l’Éco-Quartier de Saint-Sulpice pour son excellent travail de recherche et pour la compilation des informations précédentes qui sont tirées du site Internet de leur campagne "Mon sac, je le réutilise".

Pour en savoir plus

1. Recyc-Québec. 2004. Sacs d’emplettes: comparaison de leurs impacts sur l’environnement. Avis technique rédigé par Guy Tremblay et Mathieu Guillemette publié par Recyc-Québec. 22 pages.

2. Duchesneau, Pierre. 2005. Sac vert. Protégez-vous. Numéro d’août 2005. Pages 23-25.

3. Environment Australia. 2002. Plastics shopping bags - Analysis of Levies and Environmental Impacts. Rapport préparé par NOLAN-ITU pour le Department of the Environment and Heritage. Australie. 100 pages.

4. Environnement Canada. 2003. Les débris marins au Canada – Des faits et des chiffres. Disponible en ligne « http://www.ec.gc.ca/marine/debris/fre/facts.htm ». Page consultée le 2 février 2006.

5. Australian Marine Conservation Society. 2004. Fact Sheet - Marine Debris. Disponible en ligne « http://www.amcs.org.au/learn/fact_sheets/facts_marine_debris.html » Page consultée le 10 janvier 2006.

6. Marine Conservation Society. 2006. Marine World - Plastics. Disponible en ligne: « http://www.mcsuk.org/marine_world/marine_world.php?title=plastics » Page consultée le 12 janvier 2006.

7. Ecobilan Price Waterhouse Cooper. 2004. Évaluation des impacts environnementaux des sacs de caisse Carrefour – Analyse du cycle de vie de sacs de caisse en plastique, papier et matériaux biodégradables. Étude réalisée pour le compte de Carrefour, revue critique réalisée par l’ADEME. France. 103 pages.


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